Rules
Normes internationales : FATF, BIS, FSB et IMF
Derrière les lois nationales et européennes sur les cryptomonnaies se trouve une strate d'organisations internationales qui n'édictent pas de lois, mais fixent la tendance suivie par les législateurs. Le FATF, la BIS, le FSB et l'IMF abordent tous le sujet sous un angle différent, de la lutte contre le blanchiment d'argent à la stabilité financière, mais leurs recommandations réapparaissent de manière similaire dans des réglementations telles que MiCA.
FATF : la norme mondiale de lutte contre le blanchiment d'argent
Le Groupe d'action financière (FATF) émet des recommandations pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, qu'il a explicitement étendues ces dernières années aux « actifs virtuels » et aux « prestataires de services d'actifs virtuels ». Sa contribution la plus connue au monde des cryptomonnaies est la règle dite de transfert (travel rule) : pour les transferts dépassant un certain seuil, les prestataires doivent transmettre les données d'identification de l'expéditeur et du destinataire, à l'instar de ce qui est déjà la norme pour les virements bancaires traditionnels.
Le FATF ne dispose d'aucun pouvoir législatif ; les pays ne sont pas tenus d'adopter les recommandations à la lettre. Pourtant, le non-respect entraîne des conséquences pratiques, car le FATF peut placer des pays sur des listes noires et grises. Un tel classement rend plus difficile pour les institutions financières locales le maintien de relations bancaires internationales, créant une incitation forte à adopter malgré tout ces recommandations.
Dans l'UE, la travel rule a depuis été transposée en un règlement contraignant qui fonctionne aux côtés de MiCA, ciblant spécifiquement la transparence des transferts de crypto-actifs.
- Les recommandations du FATF ne sont pas contraignantes mais ont un poids pratique
- La travel rule exige des données d'identification pour les transferts
- L'inscription sur les listes du FATF complique les relations bancaires internationales
BIS : recherche, normes bancaires et MNBC
La Banque des règlements internationaux (BIS) agit comme une sorte de centre de connaissances et de coordination pour les banques centrales du monde entier. Par l'intermédiaire du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, la BIS a élaboré des règles sur la manière dont les banques doivent évaluer et détenir du capital en face de leurs expositions aux crypto-actifs à leur bilan, avec des exigences de fonds propres généralement plus strictes lorsqu'un crypto-actif est plus volatil ou moins réglementé.
Grâce à son Pôle d'innovation (Innovation Hub), la BIS joue également un rôle central dans la recherche sur les monnaies numériques de banque centrale (MNBC) et dans des projets pilotes transfrontaliers où les banques centrales testent conjointement la manière dont les paiements internationaux peuvent devenir plus rapides et moins chers grâce aux nouvelles technologies. Ces projets ne constituent pas une législation, mais ils façonnent la façon dont les banques centrales conçoivent leurs propres règles en matière de monnaie numérique.
- Exigences de fonds propres de Bâle pour l'exposition bancaire aux crypto-actifs
- Coordination et recherche pour les banques centrales du monde entier
- Expérimentations de MNBC qui influencent les réglementations nationales
FSB et IMF : stabilité et surveillance macroéconomique
Le Conseil de stabilité financière (FSB) adopte une vue plus large du risque systémique : comment un choc majeur sur le marché des cryptomonnaies pourrait-il se répercuter sur l'ensemble du secteur financier ? Le FSB publie des recommandations ciblant spécifiquement les crypto-actifs et les stablecoins, en accordant une attention particulière à la coopération transfrontalière entre superviseurs, car les marchés crypto se soucient peu des frontières nationales.
L'IMF aborde les cryptomonnaies sous un angle macroéconomique : que signifie l'adoption généralisée des cryptomonnaies pour la politique monétaire, la stabilité des taux de change et les flux de capitaux, en particulier dans les pays dont la monnaie nationale est plus faible ? L'IMF conseille régulièrement ses États membres sur la politique nationale en matière de crypto-actifs et associe parfois ces conseils à des programmes d'aide financière plus larges, augmentant ainsi le poids de ces recommandations par rapport à de simples avis techniques.
- Le FSB se concentre sur le risque systémique et la surveillance transfrontalière
- L'IMF examine les conséquences monétaires et macroéconomiques des cryptomonnaies
- Aucune de ces organisations n'a de pouvoir contraignant, mais toutes deux exercent une influence significative
Comment cela s'intègre dans la réglementation européenne comme MiCA
MiCA n'est pas né dans un vide juridique ; lors de sa rédaction, les législateurs européens ont explicitement pris en compte les recommandations du FATF sur la travel rule et les discussions internationales plus larges sur les stablecoins, en partie impulsées par le FSB à la suite d'inquiétudes concernant des jetons d'envergure mondiale. L'attention portée par MiCA aux jetons se référant à des actifs découle en partie de la préoccupation internationale concernant l'impact de ces jetons sur la stabilité financière.
Dans le même temps, l'UE continue de tracer sa propre voie : MiCA va plus loin sur certains points que ce que les normes internationales exigent strictly, par exemple avec un régime complet d'agrément pour les prestataires plutôt que de simples obligations de lutte contre le blanchiment d'argent. Les normes internationales constituent donc un plancher et un langage commun, et non un plafond pour les règles qu'une région comme l'UE introduit.
Frequently asked questions
Les recommandations du FATF sont-elles juridiquement contraignantes ?
Non, le FATF ne dispose d'aucun pouvoir législatif. Les pays qui ignorent les recommandations risquent d'être placés sur une liste noire ou grise, ce qui complique les relations bancaires internationales.
Qu'est-ce que la travel rule exactement ?
La travel rule exige des prestataires qu'ils transmettent les données d'identification de l'expéditeur et du destinataire pour les transferts de crypto-actifs dépassant un certain seuil, à l'instar des virements bancaires.
Quelle est la différence entre la BIS, le FSB et l'IMF ?
La BIS se concentre sur la recherche, le contrôle bancaire et les MNBC, le FSB sur le risque systémique et la coordination transfrontalière, et l'IMF sur la politique macroéconomique et monétaire.
Comment ces organisations influencent-elles MiCA ?
MiCA reprend des éléments tels que la travel rule et l'attention portée aux stablecoins, mais va plus loin sur certains points que ce que les normes internationales exigent strictement.
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